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Cette campagne est soutenue par TrustAfrica.

Mot du Directeur exécutif

tendai

Chers lecteurs et amis de TrustAfrica,

Bienvenue dans ce nouveau projet de TrustAfrica. Nous vous remercions d’avoir bien voulu rejoindre notre campagne « Arrêtons l’hémorragie » qui est une plate-forme des acteurs de la société civile œuvrant pour mettre fin aux flux financiers illicites (FFI) en provenance d’Afrique. Il s’agit d’une campagne africaine impulsée par des Africains de tous âges et de tous horizons. Nous vous invitons à signer la pétition mise en ligne sur ce site et à devenir un acteur du changement pour contribuer à arrêter cette hémorragie qui est en train de ralentir la marche de l’Afrique vers le progrès.

Chaque année l’Afrique perd environ 50 milliards de dollars américains sous forme de flux financiers illicites (FFI). Plusieurs études, y compris le rapport du Groupe de haut niveau sur les flux financiers illicites, travaillant sous l’autorité de l’Union africaine et de la Commission économique pour l’Afrique (UA/CEA) indiquent que l’Afrique a perdu plus d’un milliard de dollars en flux financiers au cours 50 dernières années, soit un montant équivalent à l’aide publique au développement reçue par le continent au cours de la même période.

Nombreux (y compris nous-mêmes à TrustAfrica), sont ceux qui ont toujours fait preuve de prudence par rapport cette rhétorique dramatisée d’une « Afrique émergente », d’autant plus que cette rhétorique se sert la plupart du temps du produit intérieur brut (PIB) comme instrument de mesure de la croissance. D’autres indicateurs de développement humain tels que le revenu national brut (RNB), l’accès, à un coût abordable, aux soins de santé, à l’éducation et à des emplois décents sont rarement pris en compte dans le discours optimiste sur l’Afrique.

Si la croissance du PIB a en effet été supérieure à 5% en moyenne dans la majeure partie du continent, nous obtenons rarement des renseignements sur la façon dont les économies africaines sont structurées et sur l’identité des bénéficiaires de cette croissance. Un fait marquant concernant la croissance est qu’elle est, dans une large mesure, le résultat du super cycle mondial des matières premières et, à un certain degré, de l’essor de l’industrie des télécommunications. Les entreprises produisant et commercialisant les matières premières sont principalement de grandes multinationales basées hors du continent africain. Elles bénéficient d’exonérations fiscales temporaires, d’accords de rapatriements de revenus et de codes du travail souples. Ces accords de rapatriement permettent aux sociétés de verser leurs revenus à leurs sièges. Cependant, cette pratique NE RELEVE PAS des FFI.

Par-delà les avantages mentionnés ci-dessus, ces grandes entreprises sont des vecteurs de flux financiers illicites. Selon le rapport de l’UA/CEA, les pratiques les plus courantes comprennent la falsification des factures commerciales, la sous-facturation des exportations, l’exagération de la valeur des importations et les régimes généraux d’évasion fiscale. Les FFI passent par des processus très complexes de nature. Certains rapports que nous avons publiés essayent d’aborder en détail ces processus pour réaffirmer, toutefois, qu’ils coûtent à l’Afrique environ 50 milliards $ par année, environ 68% du PIB du Kenya.

Le développement humain, y compris l’accès à des services de santé de qualité, à l’éducation, à l’emploi et à un niveau de vie décent reste inaccessible pour de nombreux Africains. Les avantages du cycle actuel de croissance ont été très inégaux et limités aux personnes à revenus élevé. De plus en plus d’Africains périssent dans la Méditerranée chaque année en essayant de se rendre en Europe pour y rechercher de meilleures conditions de vie. Nous savons également qu’il faut, chaque année, 50 milliards de dollars pour financer des projets d’infrastructure dans un contexte marqué par la baisse de l’aide publique au développement (APD).

L’agenda 2063 de l’UA identifie l’amélioration de la mobilisation des ressources intérieures comme un pilier essentiel pour le développement durable et inclusif de l’Afrique. C’est dans cette optique que nous, à TrustAfrica, aux côtés de nos amis et partenaires de la société civile, appelons à un nouveau pacte pour le développement reposant sur la transparence, la responsabilité et l’équité.

Nous voulons recueillir un million de signatures contre un système économique mondial opaque qui accueille les FFI. Il est moralement répréhensible pour des acteurs économiques de continuer à se livrer à ces pratiques nuisibles préjudiciables à l’avenir de l’Afrique. Nous avons besoin de mobiliser suffisamment d’énergie et de provoquer une forte levée de boucliers de la part des citoyens pour mettre fin immédiatement à ces pratiques. Nos gouvernements et systèmes régionaux doivent jouer leur rôle pour accélérer la mise en place de mécanismes et de lois en adéquation avec cette nouvelle mentalité.

Dr Tendai Murisa, Directeur exécutif de TrustAfrica


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